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Le syndrome « du combiné téléphonique » ou comment l’Algérie a raté son développement industriel

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Ahmed TOUIL et Radia BOUCHAOUR sont deux universitaires et chercheurs algériens au Centre de Recherches en Economie Applique pour le Développement (CREAD). Le premier est  Professeur et Directeur de Recherche Associé CREAD alors que le deuxième est maître de conférences. Dans article universitaire, publié préalablement dans les cahiers du CREAD, les deux chercheurs explorent les véritables raisons qui expliquent l’échec du développement de l’industrie dans notre pays. Ils racontent l’incroyable histoire du « combiné téléphonique » que l’Algérie a essayé de fabriquer durant les années 80 pour illustrer les principaux ratages de notre industrie. 

L’Algérie a voulu se doter d’une véritable industrie alors que les réseaux d’acheminement, actuellement dénommés logistique, des biens une fois produits pour satisfaire la
demande, n’étaient même pas installés.

A ce titre, les exemples sont innombrables. Il suffit pour l’éloquence des faits et la significativité du non développement de ne citer que ces deux-là. Celui de la production, à l’orée des années 1980, du combiné téléphone, modèle cadran 1943 ou à la limite modèle 1963, alors que le modèle à touche était déjà lancé sur le marché mondial dès l’année 1975. D’où un gap technologique énorme qui va s’accentuer avec la réduction ou
raccourcissement du cycle de vie économique du produit téléphone. Il en est ainsi aussi du câble téléphonique, à l’orée des années 80 période d’entrée en phase de production pour la plupart des industries ainsi importées et montées, devenant exemple à cet effet paradoxe éloquent.

Ces produits étaient bien fabriqués alors que les postes de distribution et d’affectation de lignes téléphoniques aux abonnés firent crucialement défaut ! Conséquence : amoncellement de la production et son stockage alarmant en invendus. Bien entendu cela se traduit par de la perte sèche pour l’entreprise. Qui plus est au niveau marché mondial, et donc une éventuelle issue de secours du moins en Afrique, l’innovation était en train de diffuser la fibre optique, pour le câble, et un nouveau modèle téléphone… sachant par
ailleurs que ces industries n’étaient en fait industrialisantes que parce qu’elles provoquaient un mécanisme d’échanges, aussi vertical qu’horizontal, d’équipements dont la synthèse, ou la convergence, n’était autre que l’industrie automobile ! Or en Algérie les industries furent installées en îlots isolés les uns des autres sans industrie automobile et par conséquent non industrialisantes !

Par ailleurs, sur le plan emploi l’installation de ces industries, qui a nécessité plus de deux quadriennaux, a décimé l’artisanat et l’agriculture en généralisant le salariat et paradoxalement en faisant augmenter le taux de chômage.

Devant ces faits le politique fait dans l’urgence et ne trouve comme solution que de restructurer et réformer par ordonnance, décret, lois, programmes et enveloppes financières.. !

Tous ces paradoxes se transformèrent en de multiples contraintes rendant inachevées le processus d’industrialisation. Cet arrêt de transformation structurelle finit par amener un type de cercle nurksien endettement – remboursement par l’endettement- renforcement,
forcément, de la mono-exportation des hydrocarbures pour remboursement et/ou pour financement de projets. Ce sont là des contradictions qui rendent de par leur conjonction
caduc l’effet de la décision et donc entravent le processus normal de l’économie.

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