Révélations. Djerrad-Hakkar : l’axe secret qui mine dangereusement le secteur des hydrocarbures en Algérie

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Abdelaziz Djerrad, le premier-ministre, et le Toufik Hakkar, le PDG  de Sonatrach, jouent un jeu très  dangereux qui déstabilisent encore davantage le secteur des hydrocarbures en Algérie, un secteur fortement marqué par les effets catastrophiques de la pandémie du COVID-19 avec une chute drastique de nos revenus en devises des exportations du gaz et du pétrole. Abdelaziz Djerad et Toufik Hakkar ont manigancé pour placer leurs proches à la tête de plusieurs départements et  directions de Sonatrach ou de ses filiales stratégiques. 

Des changements qui n’obéissent à aucun critère de compétence ou de méritocratie. Effectivement, Algérie Part a lancé de profondes investigations sur le parcours, le passé et l’entourage de tous les nouveaux « directeurs par intérim » désignés ces dernières 48 heures par le PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar. Ce dernier a limogé plusieurs hauts cadres respectés et appréciés pour leurs compétences et leur intégrité morale. Ils ont été remplacés par des cadres qui sont impliqués directement ou indirectement dans des scandales judiciaires, des malversations financières ou des dossiers troublants.

Ainsi, à la direction des associations qui gère les partenariats avec les sociétés internationales présentes en Algérie, un département donc jugé sensible, Toufik Hakkar a nommé un certain Beldjehame Mourad. A la direction de l’Engineering & Project Management (EPM), l’actuel PDG de Sonatrach a nommé un certain Aoudjhane Fredj. Il faut savoir que ce département est impliqué dans la gestion directe des projets d’investissements représentant l’équivalent de 12 milliards de dollars.

Par ailleurs, Toufik Hakkar a limogé également  un certain Taam Nourreddine, un ingénieur d’Etat en Statistiques, Statistiques appliquées à l’économie, pour désigner un nouveau directeur commercial à la direction générale de Sonatrach. Toufik Hakkar a désigné un certain M. Djalal qui était jusque-là directeur Shipping, à savoir le transport maritime. Selon nos investigations, Toufik Hakkar n’a même pas pris la peine d’informer au préalable le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab, pour procéder à ces limogeages et nouveaux changements. En plus, pour gérer la déception des anciens cadres, Toufik Hakkar argue qu’il a été instruit par la Présidence de la République de procéder à un vaste mouvement de changements. Un argument totalement fallacieux puisque la Présidence ne se mêle jamais de la nomination ou remplacement des directeurs centraux de Sonatrach qu’elle ne connaît même pas. Le Palais présidentiel d’El-Mouradia exerce uniquement son droit de regard sur la désignation des vices-présidents de Sonatrach. 

En réalité, Toufik Hakkar a reçu uniquement le feu vert du Premier-ministre, Abdelaziz Djerad, pour remplacer ces « cadres encombrants » qui lui font de l’ombre et refusent de s’adonner à des pratiques occultes et sombres. D’ailleurs, Algérie Part publiera prochainement des révélations fracassantes sur la « moralité » et l’implication de tous les nouveaux directeurs sélectionnés par Toufik Hakkar. Certains sont placés sous contrôle judiciaire, d’autres sont toujours auditionnés par la justice pour divers dossiers, d’autres encore ont été grillés pour leur participation à des opérations frauduleuses et opaques. Algérie Part publiera prochainement tous les tenants et aboutissants de ce nouveau scandale qui ne manquera pas de faire couler beaucoup d’encore à Sonatrach.

En parallèle, toujours avec l’appui de Djerad, Hakkar s’empare petit à petit des filiales impliquées dans de gros projets bénéficiants d’une importante manne financière comme ASMIDAL qui joue un rôle majeur dans le mégaprojet intégré d’exploitation et de transformation du phosphate à l’Est du pays qui sera financé à hauteur de 12 milliards de dollars par des investisseurs chinois.

L’objectif de Hakker et de Djerad est clair comme l’eau de roche : placer des pions fidèles dans les postes les plus sensibles. Des postes impliquant des directions, des sociétés ou des filiales bénéficiant d’immenses budgets pour gérer des projets hyper-stratégiques pour l’Etat algérien. Nous assistons donc à la création d’un nouveau lobby affairiste dont la première motivation est purement mercantile. Sinon pourquoi Toufik Hakkar limoge des cadres permanents et expérimentés pour les remplacer par des directeurs intérimaires au parcours suspect et pratiques douteuses ? Il n’y a donc aucune intention de stabiliser Sonatrach ou de renforcer l’efficacité de son management. Le duo Hakkar-Djerad profite de l’anarchie politique actuelle du pays et des faiblesses chroniques de la Présidence qui peine à exercer son contrôle sur le poumon économique du pays. Ce duo profite de cette opportunité pour faire des affaires et s’offrir un contrôle indécent sur les contrats les plus juteux du pays.

Algérie Part poursuit ses investigations et publiera prochainement des révélations très détaillées sur ces manoeuvres immorales.