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Recul inquiétant de la production et activité industrielle depuis 2015 en Algérie

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L’Algérie est un pays largement sous-industrialisé. C’est, d’ailleurs, ce qui explique sa forte dépendance vis-à-vis des importations. Ceci dit, cette sous-industrialisation est en train de s’aggraver d’une année à une autre avec un recul important des activités productives de plusieurs secteurs. Explications. 

Prenons par exemple le secteur des industries Sidérurgique, Métallique, Mécanique, Electrique et Electronique (ISMME). En 2015, ce secteur contribuait à hauteur de 125 milliards de Da dans la création de la richesse nationale, à savoir le Produit intérieur Brut (PIB), à savoir l’équivalent de 820 millions d’euros. Malheureusement, cette production est en net recul. L’année suivante, à savoir en 2016, ce secteur n’a réalisé que 118 milliards de Da, soit l’équivalent de 770 millions d’euros. En 2018, ce secteur industriel dépasse à peine les 115 milliards de Da, soit même pas 750 millions d’euros.

Des chiffres ridicules dans un pays de 44 millions d’habitants qui jouit d’une situation géographique exceptionnelle, tout près de l’Europe et porte d’entrée de l’Afrique, avec des richesses impressionnantes dans son sous-sol.

Ces données officielles confirmées par les rapports de l’Office National des Statistiques (ONS) indiquent clairement que les avantages financiers accordés pendant de longues années par les autorités algériennes au secteur industriel n’ont absolument rien apporté.

Et pourtant, de grosses sommes d’argent ont été injectés par l’Etat algérien dans ce secteur. Preuve en est, l’Agence nationale de développement des investissements (ANDI) avait indiqué qu’en 2017 des investissements de 898,2 mds DA ont été enregistrés dans le secteur industriel. Ces montants représentent  62% du montant total des investissements déclarés en 2017.

Concernant le nombre, 1.926 projets ont été enregistrés dans les différentes branches industrielles productives, soit 48,5% des 3.972 projets (tous secteurs confondus) déclarés auprès de l’ANDI. Par branches d’activités industrielles, la prédominance est relevée dans les industries Sidérurgique, Métallique, Mécanique, Electrique et Electronique (ISMME) avec 46% du montant total des projets inscrits dans le secteur industriel, suivies de la filière Chimie-Caoutchouc-Plastique (18%), de l’Industrie Agroalimentaire (17%) et des Matériaux de construction (9%). Où est parti tout cet argent ? Personne ne le sait. En tout, il n’a permis aucunement de créer des richesses et de contribuer à l’augmentation du Produit intérieur Brut. Ces investissements mal-gérés, mal-encadrés n’ont pas pu contribuer à la croissance économique du pays.

Preuve en est, le secteur de la Chimie-Caoutchouc-Plastique n’a jamais créé des revenus dépassant les 73 milliards de Da entre 2015 et 2017, c’est-à-dire à peine 480 millions d’euros. Un bilan totalement ridicule pour un pays de la taille de l’Algérie doté de toutes ses potentialités impressionnantes.

En réalité, en Algérie, le secteur industriel est uniquement maintenu en vie à travers les industries agro-alimentaires. Ce secteur a gagné en 2017 407 milliards de Da, soit l’équivalent de 2,67 milliards d’euros. Et en 2018, ce secteur a réalisé des revenus dépassant les 433 milliards de Da, soit l’équivalent de 2,84 milliards d’euros. C’est pratiquement le seul secteur qui réalise une croissance stable. Or, ce secteur n’est pas réellement une source de valeur ajoutée pour l’économie algérienne. D’abord, la majorité des intrants nécessaires à la production et des matières premières sont importés de l’étranger. Ensuite, il n’y pas d’innovation particulière dans ce secteur qui permet à l’Algérie de s’illustrer sur la scène internationale et de gagner des parts de marchés à  l’étranger.

A la lumière de ces données, on peut conclure enfin que l’Algérie demeure dangereusement à la traîne économiquement parce que son industrie est faible, dérisoire et encore médiocre. Et jusqu’à aujourd’hui encore, rien n’est fait pour remédier à cette inquiétante faiblesse chronique.

 

 

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