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Nouveau coup dur pour l’Algérie : les prix du gaz naturel s’effondrent sur le marché mondial

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Les cours du gaz naturel sont en train de connaître une chute historique sur le marché mondial. Le gaz naturel ne vaut pas plus que 1.5 dollars par million de BTU. A ce prix-là, l’Algérie ne gagne absolument aucun centime car au-dessous de 2 dollars par million de BTU, il est impossible de dégager la moindre rentabilité pour l’Algérie. Le coût de revient de l’exploitation et l’extraction du gaz naturel avoisine les 1.8 à 2 dollars par million de BTU en Algérie. La Sonatrach verra donc ses exportations gazières accuser d’énormes pertes financières. Et malheureusement, aucun scénario de préparation à cette crise n’a été imaginé par la direction générale de la Sonatrach pour affronter cette chute historique qui était prévisible depuis le début de la crise du COVID-19 à travers le monde. 

L’impact sur l’économie algérienne est tout simplement gravissime. Il faut savoir que le gaz naturel représente de 15 à 18 % des exportations des hydrocarbures de l’Algérie, soit l’équivalent de près de 5 milliards de dollars par an en temps normal. 28 % de nos exportations en gaz naturel sont destinés au marché espagnol à travers notamment le contrat avec le groupe Espagnol Naturgy Energy Group. Avec les italiens d’Enel et ENI, ce groupe Espagnol fait partie  des trois clients principaux du gaz algérien. Des clients qui vont, désormais, se détourner du gaz algérien à cause de cette chute historique des prix du gaz naturel sur le marché mondial. En effet, il est maintenant beaucoup plus intéressant d’aller acheter du gaz ailleurs sur les marchés internationaux que de s’approvisionner en gaz algérien dont le coût seulement dépasse les 2 dollars par million de BTU.

Cette chute des prix qui a commencé, en réalité, bien avant la pandémie du COVID-19, mais plutôt avec l’arrivée massive du gaz de schiste américain sur le marché mondial, est en train de modifier définitivement la configuration de l’économie mondiale du gaz. Et pour cause, le gaz algérien représentait avant cette crise jusqu’à 9 % des approvisionnements de l’Union européenne, derrière la Russie (24 %) et la Norvège (19 %). En France, le gaz algérien ne représente plus que 12 % des importations. Ces parts de marchés vont reculer cruellement pour l’Algérie car le gaz naturel est maintenant disponible partout à travers le monde et à un prix inférieur à 1.5 dollars par million de BTU.

Les recul des exportations gazières algériennes sur le marché européen va avoir un impact financière très préjudiciable pour l’Algérie.  L’Algérie était en 2015 le 18e producteur de pétrole, le 10e producteur de gaz naturel et le 6e exportateur de gaz naturel au monde.  Selon les statistiques de l’OPEC, les réserves prouvées de gaz naturel de l’Algérie ont atteint une stabilité de 4.504 Billion standard m3 durant la période de 2005 à 2012, ainsi l’Algérie occupe la septième (07) place au sein de l’OPEC dans les réserves prouvées de l’année 2012, les trois premières places reviennent a l’Iran avec une moyenne de 33.780 Billion standard m3 , le Qatar en deuxième position avec un volume de 25.069 Billion standard m3 , l’Arabie Saoudite détient la troisième place avec un volume de 8.235 Billion standard m3 . L’Algérie dispose la dixième place des plus grandes réserves gazières au monde et la deuxième en Afrique après le Nigéria pour la même année.

Or, toutes ces réserves et production ne représentent plus un atout stratégique pour l’Algérie avec les chutes accélérées des prix du gaz naturel sur le marché mondial surtout que les capacités d’exportation du pays sont en baisse continue à cause de l’augmentation incessante de la consommation locale. Il faut savoir qu’effectivement, l’Algérie dispose de ressources énormes en gaz naturel conventionnel – l’équivalent de 60 ans de production – voire plusieurs siècles en gaz de schiste (700 000 milliards de mètres cubes) et produit l’équivalent de 180 milliards de mètres cubes bruts, le quart de la production américaine, et non 91,2 milliards de mètres cubes, car les statistiques de Sonatrach ne parlent pas des 90 milliards de mètres cubes de gaz associés malheureusement réinjectés.

En 2017, l’Algérie a produit 91,2 milliards de mètres cubes en augmentation de 1,2% par an depuis 2007. Or, la consommation domestique était de 39,9 milliards de mètres cubes en 2017, contre 23,4 milliards en 2007, soit une hausse de 5,4% par an entre 2007 et 2017, ce qui constitue un taux de croissance énorme. En 2017, l’Algérie exportait 53 milliards de mètres cubes en 2017 et ce quota du gaz naturel algérien destiné à l’exportation va baisser encore d’une année à une autre avec l’augmentation incessante de la consommation locale.

Au-delà de cette équation interne, le gaz algérien se retrouve fragilisé par les nouveaux paramètres du marché mondial. Et pour cause, le pétrole n’est pas la seule source d’énergie à payer un lourd tribut suite à la crise du coronavirus. Le marché du gaz connait lui aussi de solides perturbations depuis le début de la propagation du virus en Chine. En décembre 2019, ce pays est devenu le principal importateur mondial de gaz devant le Japon et la Corée du Sud. La paralysie de l’économie en Asie, région durement frappée par la pandémie, a engendré une très grande diminution de cette demande en gaz. Début février, avec cette baisse de la demande, les cours de gaz en Asie sont ainsi descendus au plus bas de leur histoire. En Europe et sur le continent américain, on a enregistré une baisse de 18%.

ll faut savoir enfin que le marché du gaz était déjà bien mal en point avec cette crise du coronavirus. En effet, les prix étaient déprimés en fin d’année et cette pandémie n’a fait qu’accroître le phénomène. La douceur de l’hiver n’a en effet pas dopé la demande en gaz de chauffage alors que l’offre était déjà en surabondance. Si la demande en gaz continue de croître, elle peine à suivre une offre importante, poussée par les usines de liquéfaction américaines, australiennes et russes, notamment. « L’épidémie de coronavirus et son impact sur la demande de gaz chinoise ne pouvaient pas tomber à un pire moment pour un marché du gaz naturel liquéfié déjà excédentaire », soulevaient les analystes de Wood Mackenzie, groupe mondial de recherche et de conseil dans le domaine de l’énergie, en février dernier. Pour sortir de ce cycle, plusieurs pays comme l’Égypte ou l’Indonésie ont déjà assuré qu’ils freineraient leur production de GNL.

C’est dans cette conjoncture qu’un gros exportateur comme l’Egypte a cessé ses envois sur le marché international, découragé par les prix trop bas du combustible. Ceux-ci sont passés à 1,825 $/MMBtu sur le marché asiatique alors que le seuil de rentabilité du GNL en Egypte est de 4,70 $/MMBtu. Et l’Algérie, comment va-t-elle réagir ? A-t-elle dessiné une stratégie pour réduire les pertes financières  qu’elle est en train de subir depuis plusieurs mois ? A Sonatrach, silence radio et indifférence alarmante dans ce dossier très sensible…

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