Les magistrats et les juges ont "vendu le match"...
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Les magistrats et les juges ont “vendu le match” : le pouvoir algérien gagne par “l’argent”

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Coup de théâtre. A la surprise générale, le syndicat national des magistrats a annoncé la fin de la grève entamée depuis plus d’une semaine. Une grève qui avait réussi jusqu’à paralyser tous les tribunaux algériens obligeant le pouvoir en place à mobiliser la force publique pour réprimer des magistrats devenus rebelles et menaçant l’ordre établi. Ce mouvement de protestation avait donné de l’espoir aux Algériens. Il avait ouvert de nouveaux horizons pour le Hirak algérien. En une semaine, les juges algériens ont semé le doute, la panique dans les rangs d’un régime qui se targuait de maîtriser la situation interne. 

Mais l’espoir fut de courte durée. Ce mardi 5 novembre, des négociations entamées entre le syndicat national des magistrats avec le ministère de la Justice avec comme intermédiaire le président de l’Union des ordres des avocats. La réunion des négociations s’est déroulée au niveau de la Cour Suprême, reconnait le Syndicat National des Magistrats (SNM) dans un communiqué rendu public ce mardi 5 novembre. Cette réunion est intervenue suite à des « efforts ayant impliqué des personnalités nationales et des parties souveraines de l’État pour trouver une issue à l’impasse que vivent les services de la justice conséquemment à la décision prise par le SNM le 26 octobre d’entrer en grève », explique le communiqué dont nous détenons une copie.

A la fin de cette réunion de négociations, un accord a été scellé entre le SNM et le ministère de la Justice. Un accord qui offre étonnamment une victoire éclatante au pouvoir algérien.  Et pour cause, à la lecture de cet accord, nous comprenons que les juges n’ont absolument rien gagné ! Un seul acquis leur a été accordé : des augmentations de salaires en “décembre prochain, avec effet financier rétroactif à partir du 1er janvier 2019”. Et encore, aucun chiffre précis n’a été avancé. Aucun seuil n’a été déterminé. Personne ne sait donc quelle sera le montant exact de ces augmentations salariales qui devront améliorer les conditions socio–matérielles des magistrats algériens.

Pour le reste, la situation des juges algériens reste totalement inchangée. Concernant l’indépendance de la Justice, “il a été convenu d’ouvrir un atelier impliquant toutes les parties concernées par l’enrichissement des textes relatifs à cette revendication, avec une participation active et directe des magistrats”, lit-on dans le communiqué du SNM. Une affirmation dénuée de tout sens puisque seule une révision profonde de la constitution actuelle du pays permet de libérer le pouvoir judiciaire de l’emprise politique. Aucun “atelier” ne peut s’atteler à cette tâche.

S’agissant des magistrats lésés par “le dernier mouvement et qui sont satisfaits de leur affectation”, ils sont tenus, à partir de demain, de rejoindre leurs nouveaux postes de travail !” Ceux qui contestent la décision sont aussi tenus de rejoindre leur lieu d’affectation mais uniquement pour les besoins de l’installation, sans entamer le travail. Ils pourront ensuite introduire un recours auprès du bureau permanent du Conseil supérieur de la magistrature et attendre la décision de cette instance lors de sa deuxième session prévue dans la troisième semaine de ce mois de novembre, est-il aussi expliqué dans le document du SNM, avec la précision que les recours seront étudiés exclusivement par le bureau permanent du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM).

L’accord stipule enfin qu’aucun magistrat “ne peut faire l’objet de mesures disciplinaires à cause de sa participation au dernier mouvement de grève”. A la fin, le président du SNM souligne naïvement  que ces acquis constituent « le maximum qui pouvait être arraché dans la conjoncture actuelle ». Sérieux ! Une corporation qui a pu paralyser tout un appareil sensible de l’Etat ne peut finalement obtenir que quelques augmentations salariales imprécises et des promesses d’un lendemain enchanteur vides de tout sens. C’est une duperie qui restera inscrite dans les annales de l’histoire.  Le pouvoir algérien a repris ainsi le contrôle de la justice et peut l’utiliser, comme depuis le début, comme le principal outil de répression à l’encontre des activistes du Hirak. Il aura suffi que le pouvoir sorte son chéquier pour finalement obtenir gain de cause…

 

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