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Le général à la retraite Abdelaziz Medjahed écarté de la Présidence dans des conditions troublantes

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A la surprise générale, le général-major à la retraite Abdelaziz Medjahed, l’un des conseillers les plus influents au palais présidentiel d’El-Mouradia depuis l’arrivée au pouvoir d’Abdelmadjid Tebboune vient d’être écarté dans des conditions troublantes. Et pour cause, il vient de quitter ses fonctions au sein de la Présidence pour diriger l’Institut national d’études de stratégique globale  (INESG). 

L’INESG a été créé en 1984 et il a pour “principale vocation de mener, en concertation avec les secteurs et les institutions concernés, des activités d’analyses et d’études prospectives sur des questions stratégiques de la vie nationale et internationale”, peut-on lire sur son site internet. Il est vrai que ce centre publie régulièrement au profit des institutions étatiques “des études et analyses” destinées “à déterminer, comprendre et expliquer les facteurs et relations jouant un rôle déterminant en matière d’action politique, économique, sociale et culturelle, au plan géostratégique”.

Ceci dit, ce poste n’est guère prestigieux pour un homme du gabarit d’Abdelaziz Medjahed. C’est une véritable régression pour cet ex-général à la retraite qui a joué un rôle important dans de nombreux dossiers sécuritaires et stratégiques depuis son installation à la Présidence le 23 février dernier en tant que conseiller chargé des affaires sécuritaires et militaires. C’est dans ce cadre-là que le général à la retraite Abdelaziz Medjahed a assisté Tebboune dans la prise de décision à propos de plusieurs dossiers sensibles. Limogeage du général Wassini Bouazza de la DGSI, à savoir le renseignement extérieur, limogeage du général-major Abderrahmane Arrar du commandement de la gendarmerie nationale, régularisation de la situation de Said Chengriha à la tête du Chef d’Etat-Major de l’ANP, traitement de la question libyenne, organisation permanente des réunions du Haut Conseil de Sécurité, etc., Abdelaziz Medjahed a été sur tous les fronts depuis le mois février dernier.

Son nom est évoqué comme la source des solutions apaisantes aux problèmes les plus complexes au niveau du Palais Présidentiel d’El-Mouradia. Après avoir été son oreille attentive, le général à la retraite Abdelaziz Medjahed est tombé en disgrâce aux yeux de Tebboune depuis la fin de l’été. Le président algérien doute de son entourage en ce moment et ne fait plus confiance à de nombreuses personnes qui l’ont, pourtant, accompagné depuis son accession au pouvoir.

Mais ce malaise est né à cause des tiraillements qui divisent le cercle présidentiel. Une “guerre” de conseillers a éclaté au niveau de la Présidence depuis le début de l’été dernier en raison de la montée en puissance de Boualem Boualem, le fameux conseiller chargé au départ des questions judiciaires qui est devenu, désormais, le premier confident de Tebboune. Une proximité qui a fait jaser. A tort ou à raison ? Personne ne le sait. Mais le plus important n’est pas à ce niveau car ces divisions entre différents conseillers ne s’expliquent pas par une “guerre d’égos”, à savoir celui qui est le plus écouté ou apprécié par le Président.

Non, en vérité la composition du staff des conseillers du Palais présidentiel d’El-Mouradia est totalement hétéroclite et incohérente. De vieux renards expérimentés et connaisseurs des rouages du pouvoir algérien comme Medjahed ou Boualem Boualem côtoient de parfaits novices comme Abdelwahab Boukrouh ou Belaïd Mohand-Oussaïd, l’actuel porte-parole de la Présidence de la République. Le casting cause problème et le manque de cohésion a fini par déboucher sur des tensions.

Un autre proche conseiller de Tebboune, Abdelhafid ALLAHOUM, serait également à l’origine de ces frictions qui ont poussé Medjahed au départ de la Présidence. L’ancien député de l’Assemblée Populaire Nationale entre 1982 et 1987 est un vieux compagnon de Tebboune qui est au Palais présidentiel depuis le 27 décembre 2019. Or, son rôle reste jusqu’à aujourd’hui indéterminé et ses activités protocolaires soulèvent des interrogations sur son efficacité. Difficile de confirmer ou d’infirmer des informations à ce stade. Mais une certitude demeure : le départ d’Abdelaziz Medjahed de la Présidence est un signe inquiétant de cette instabilité chronique qui règne au sein du système Tebboune.

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