A la une L'Affaire Samir Chabana : l'humiliation pour l'Etat algérien

L’Affaire Samir Chabana : l’humiliation pour l’Etat algérien

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Samir Chaabna, l’ancien correspondant de l’ENTV à Marseille, désigné ministre délégué chargé de la communauté algérienne à l’étranger a finalement provoqué un véritable séisme politique en Algérie. Et pour cause, ce dernier vient officiellement de renoncer à cette fonction ministérielle pour la simple raison qu’il ne veut pas renoncer à sa deuxième nationalité française sachant que l’actuelle loi algérienne continue d’interdire aux binationaux d’occuper des fonctions supérieures au sein du gouvernement algérien. 

Ce samedi, les services du Premier-ministre d’Abdelaziz Djerad ont réagi officiellement à la polémique en expliquant que Samir Chaabna a accepté le poste de ministre délégué chargé de la communauté algérienne à l’étranger sans déclarer qu’il était titulaire d’une deuxième nationalité française. La même source explique que Djerad a demandé officiellement à Samir Chaabna de renoncer à sa nationalité française, mais ce dernier a refusé catégoriquement préférant ainsi renoncer à la fonction politique que veut lui confier l’Etat algérien.

Samir Chaabna a choisi la nationalité française à la fonction de ministre en Algérie. Et cette information est totalement fondée, a-t-on pu confirmer au cours de nos investigations. Ceci dit, le concerné n’a pas été informé au départ qu’il devait abandonner sa nationalité française pour pouvoir être admis au sein du gouvernement. Mardi soir, lorsque Samir Chaabna a été désigné comme membre du nouveau gouvernement de Tebboune, l’ancien journaliste de l’ENTV n’était même pas au courant ! Le monsieur a appris sa nomination au sein du nouveau gouvernement comme tous les autres algériens à la télévision lorsque l’annonce officielle de la nouvelle composition du nouveau gouvernement a été rendue publique à la fin du JT du 20 H de l’ENTV. En aucun cas, Samir Chaabna n’a été préalablement contacté par un quelconque officiel pour l’informer de sa nomination en tant que nouveau ministre délégué chargé de la communauté algérienne à l’étranger.

Le lendemain, à savoir mercredi, le Premier-ministre, Abdelaziz Djerad a pris attache avec Samir Chaabna pour discuter avec lui du problème de sa double-nationalité. Samir Chaabna a fait part de son étonnement et s’est montré totalement sincère en expliquant au Premier-ministre qu’il ne peut pas renoncer à son passeport français et les nombreux avantages qu’il lui confère en tant que citoyen français.

Jeudi, la polémique enfle et devient une affaire nationale en Algérie. Mais au niveau du Palais Présidentiel d’El-Mouradia, silence radio et personne n’a fourni la moindre explication. Et Djerad ne sait plus à quel saint se vouer. Un véritable bazar indigne d’un Etat sérieux et crédible ! Samedi, le Premier-ministre reconnaît le scandale et promet de corriger la situation chaotique provoquée par cette nomination insensée qui témoigne du bâclage et de l’amateurisme régnant au plus haut sommet de l’Etat algérien depuis l’arrivée de Tebboune à El-Mouradia.

D’habitude, la nomination des ministres au gouvernement algérien doit se conformer à une enquête d’habilitation menée par les services secrets algériens, l’ex-DRS. Ces enquêtes sont censées fournir à la Présidence toutes les informations détaillées et précises sur le parcours et patrimoine financier ou immobilier de la personnalité qui est appelée à devenir haut commis de l’Etat algérien. Cette enquête d’habilitation doit être menée par un bureau spécialisé des services secrets algériens chargé de scanner la vie des personnalités algériennes et leur passé pour détecter la moindre anomalie qui peut nuire aux intérêts de l’Etat. La nomination de Samir Chaabna n’a nullement fait l’objet de cette enquête minutieuse. Toutes nos sources nous l’affirment et le confirment. Aucun rapport sécuritaire n’a été commandé par la Présidence pour ausculter le dossier de Samir Chaabna. C’est dire que ce remaniement ministériel  a été décidé hâtivement pour des considérations purement politiciennes qui ne relèvent aucunement de la défense de l’intérêt général ou de la nécessité d’accélérer les réformes de l’Etat afin de répondre aux besoins des Algériens. C’est un remaniement décidé sur un coup de tête. Un manque flagrant de maturité dans la gestion des affaires de l’Etat. Bref, l’affaire Samir Chaabna est finalement une véritable humiliation pour l’Etat algérien. Le symbole de sa déliquescence.

 

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