Les Karkaris en Algérie : pourquoi il faut les...
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Les Karkaris en Algérie : pourquoi il faut les laisser tranquilles !

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Les médias arabophones, notamment ceux qui véhiculent les idées conservatrices les plus arriérées, ont trouvé de nouveaux souffre-douleurs. Après s’êtres pris avec une rare violence inouïe aux Ahmadis, pourtant chantres de la non-violence, ils s’attaquent cette fois-ci à une nouvelle catégorie des musulmans : les Karkaris.

Ces médias, largement relayés par une idéologie meurtrière qui distille ses venins sur les réseaux sociaux, s’attaquent à ces pratiquants qui se distinguent notamment par un habit joyeux, rempli de couleurs chatoyantes et bariolées. Le prétexte est tout trouvé : cette pratique, inspirée de la Alaouiya, une pratique soufie bien algérienne, « menacerait la référence religieuse des Algériens ! »

Mais pourquoi une telle peur ? Le soufisme populaire ne fait-il pas partie intégrante du patrimoine religieux algérien ? L’idéologie wahhabite qui écrase tout sur son passage n’est-elle pas la première menace contre notre fameuse « référence religieuse » ?

Les partisans de cette campagne haineuse à l’égard des Karkaris ne répondent pas à ces questions.  Plus grave encore ; dans les mêmes journaux et médias conservateurs, des sociologues et spécialistes de la religion expliquent que ce courant religieux n’a rien de dangereux, ni de pervers. Ce qui n’a pas empêché ces mêmes médias de poursuivre leur propagande en jouant le rôle des vierges effarouchées pleurnichant sur une religion mise en danger par une poignées de «karkaris » habillés de couleurs.

Comme toutes les voies soufies, cette pratique n’a rien de dangereux. Ni pour l’islam, ni pour les hommes qui pratiquent toute forme de religion. Les soufis ont toujours existé, en Algérie, au Maghreb et partout dans le monde musulman. Les soufis n’ont jamais commis un attentat, perpétré un massacre ou fait allégeance avec une puissance militaire ennemie. Jamais leur pratique de la religion n’a été dangereuse pour les autres. Bien au contraire, les Soufis, qui sont à l’origine du référent religieux maghrébin, sont partisans du juste milieu, de la tolérance et surtout d’une pratique spirituelle de la religion. C’est le cas, par exemple, en Kabylie, où les Zaouias ne se mêlent jamais de la vie privée des gens. Leur rôle se limite à l’enseignement de la religion et de donner des avis quand on veut bien leur demander.

Le danger vient par contre du wahhabisme qui transforme la religion musulmane en « catalogue » de ce qui est permis et interdit, pour reprendre la  phrase de Cheikh Khaled Bentounès, chef de la Tariqa Alaouia. La différence est à ce niveau ! Mais qui va comprendre enfin cette vérité en Algérie ?

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