Fuite des cerveaux/ Le compétences algériennes siphonnées par les...
Array

Fuite des cerveaux/ Le compétences algériennes siphonnées par les universités occidentales

-

C’est avec beaucoup d’amertume que le professeur Chems-Eddine Chitour, professeur émérite à l’École polytechnique d’Alger, a affirmé, hier mardi, à l’occasion d’un débat sur les législatives du 4 mai, organisé en direct sur la chaîne de télévision Canal Algérie, que le pays est en train de se vider de ses cerveaux qui fuient le pays en quête d’horizons plus propices à leur épanouissement.

«L’université algérienne est en train de former une élite pour… l’étranger », a déclaré le professeur, soulignant que l’élite du pays est très convoitée, notamment par les universités européennes et américaines. À cet effet, il a affirmé qu’une «ambassade étrangère faisait chaque année son marché dans les universités algériennes en accordant des visas d’études à 20 000 étudiants».

L’universitaire a également déploré l’engouement de l’élite algérienne pour l’Europe et les États-Unis. Selon lui, ceux parmi ces étudiants et diplômés qui ne sont pas recrutés par des sociétés étrangères, s’inscrivent d’eux-mêmes dans des universités à l’étranger pour poursuivre leurs études. Et c’est parfaitement compréhensible, ajoute-t-il, parce que ces cerveaux en quête d’accomplissement trouvent un environnement plus favorable sous d’autres cieux, mais aussi parce qu’en Algérie, rien n’est fait en aval, pour les retenir, « c’est à chaque fois une perte sèche pour notre pays, une saignée à blanc de son potentiel le plus dynamique, une sorte de hold-up du siècle de ses meilleurs enfants», a-t-il estimé.

Ainsi, les conditions de travail déplorables, les moyens rudimentaires mis en place pour la recherche, les salaires dérisoires, l’absence de loisirs et surtout, le manque de considération de l’État vis-à-vis de ces éminences grises sont les causes principales de se départ en masse des cerveaux algériens. Rien d’irrémédiable en somme, mais il faut croire que l’État n’est guère préoccupé par cette saignée intellectuelle car jusqu’ici, rien a été fait pour trouver des solutions à ce problème qui dure depuis 30 ans.

Le départ massif de la matière grise vers l’étranger a des conséquences néfastes sur l’avenir d’un pays qui se trouve privé du génie nécessaire à son développement. En plus des pertes comptabilisées sur le registre des compétences et de la ressource humaine, cette hémorragie intellectuelle a des répercussions économiques très graves. Selon l’ex-ministre du Commerce, Smaïl Goumeziane, quelque 500 000 cadres ont fui le pays à la recherche d’un horizon meilleur. Ces départs massifs ayant commencé depuis les années 80, ont causé des pertes financières considérables sur le plan des dépenses de formation et de l’apport au PIB de l’Algérie. Ainsi, ces 500 000 cadres ont fait perdre 105 milliards de dollars à l’Algérie alors qu’ils ont généré une richesse estimée à 465 milliards de dollars pour les pays d’accueil.

Massi M. 

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Dernières news

Nouvelles Fake News du gouvernement algérien : non, l’Algérie n’est plus le fournisseur en gaz naturel préféré des pays européens

De nouveaux mensonges ont été proférés aujourd'hui ce jeudi 4 juin par le gouvernement algérien concernant la fourniture du...

Confidentiel. Les dernières manoeuvres de désespoir du PDG de Sonatrach donné partant

Des chamboulements majeurs sont prévus dans le secteur de l'énergie dans les jours à venir en Algérie. Abdelmadjid Tebboune...

Confidentiel. Tebboune a tranché sur le sort de Mohamed Arkab, Zeghmati et trois autres ministres

5 ministres seront lourdement sanctionnés et devront quitter prochainement le gouvernement. Abdelmadjid Tebboune a tranché sur le sort de...

Hamel a été empêché par les juges du tribunal de Boumerdès de dénoncer le général Ghali Belkecir

Lors du procès qui s'est ouvert mardi après-midi au tribunal de Boumerdès , Abdelghani Hamel, ancien Directeur général de...

Selon une étude internationale, 59 % des algériens font totalement confiance à leur gouvernement face à la pandémie du COVID-19

C'est une étude internationale dont les résultats ne manqueront pas de susciter un véritable débat en Algérie à propos...

Depuis le début de la pandémie du COVID-19, 48 % des Algériens craignent une pénurie de lait

Les pénuries alimentaires constituent la première préoccupation des Algériens face aux dangers de la pandémie du COVID-19. C'est ce...

Les plus lus

- Advertisement -

You might also likeRELATED
Recommended to you