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Exclusif. L’Algérie commencera à produire du gaz de schiste à partir de 2022 dans les zones inhabitées du sud

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Les autorités algériennes ont décidé « officieusement » de se lancer dans l’exploitation et la production du gaz de schiste. Dans la discrétion la plus stricte, un plan d’action a été échafaudé pour entamer l’exploitation de cette source d’énergie très controversée. 

Et plusieurs mesures ont été décidées pour rassurer des algériens très inquiets au sujet des dégâts graves que peut occasionner le gaz de schiste sur l’environnement. Pour prendre en considération toutes les appréhensions, le plan préparé par la direction générale de Sonatrach et le ministère de l’Energie prévoit d’écarter l’exploitation et l’exploration de tous les gisements situés dans les zones habitées du sud comme In Salah, dans la wilaya de Tamanrasset.

Les autorités algériennes veulent éviter ainsi de provoquer des mouvements de protestation populaire comme ce fut le cas entre janvier et mars 2015 à In Salah où la population locale a manifesté sa colère contre ce projet en raison des dangers qu’il comporte contre leur santé et l’environnement de toute leur région.

Afin de ne pas rééditer les mêmes erreurs, les autorités algériennes ne vont lancer aucune exploration ou exploitation dans les zones habitées. Seuls les gisements des zones inhabitées seront concernés par le projet de l’exploitation du gaz de schiste. Selon nos investigations, Sonatrach a songé aux gisements situés dans le grand bassin de Berkine qui englobe les champs de Hassi Messaoud. En plus, dans cette zone pétrolière, il y a d’ores et déjà les installations de plusieurs partenaires stratégiques de Sonatrach comme Anadarko.

Cette compagnie américaine figure, d’ailleurs, parmi les investisseurs étrangers les plus enthousiastes pour se lancer dans l’exploration et l’exploitation des réserves de gaz schiste algérien. Mais pour prendre toutes les précautions de sécurité, Sonatrach a décidé de patienter jusqu’à 2022 pour commencer officiellement la production du gaz de schiste. L’objectif est de sélectionner les bons partenaires et les investisseurs les plus solides pour se doter des technologies les plus propres et les moins polluantes, a-t-on appris au cours de nos investigations. Avec cette stratégie, les autorités algériennes espèrent « faire passer la pilule » aux Algériens rétifs, craintifs et hostiles à ce projet industriel.

A Sonatrach, on mise beaucoup également sur les avancées dans le domaine des techniques d’extraction qui ont permis de financer les investissements très importants nécessaires pour permettre la mise en production de nombreux puits de gaz de schiste à travers le monde.

Il faut savoir que le gaz de schiste représente en ce moment un enjeu économique et financier majeur pour les autorités algériennes. Les effets du boom du gaz de schiste aux Etats-Unis et au Canada sur les marchés internationaux de l’énergie ont été très importants au point de provoquer la chute des prix du baril du pétrole traditionnellement produit par les pays de l’OPEP. Aux yeux de plusieurs dirigeants algériens, le gaz de schiste est la seule solution qui permet à l’Algérie de conserver une place sur l’échiquier énergétique mondial.

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