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Enquête Exclusive 3ème Partie et Fin – Le Petit Despote de l’Office Nationale de Météorologie, Échantillon Algérien de la Médiocre Gouvernance !

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Après la publication d’un premier article sur la palpitante enquête concernant l’Office National de Météorologie, suivie d’un deuxième article encore plus révélateur, voici la troisième et dernière partie, qui va dresser un triste constat sur l’ampleur du désastre dans la gestion des unités publiques.

« Les dizaines de Millions d’Euros de budget global alloué par les partenaires étrangers aux projets de partenariats attisent la convoitise de beaucoup de responsables, car cela constitue pour eux une rente supplémentaire, qui leur permet de financer des voyages et des formations à l’étranger, de pouvoir lancer des programmes d’importation d’équipements de l’étranger, avec tout ce que cela suppose comme avantages et possibilités de surfacturation… » Nous expliquera un cadre du Ministère des Transports bien au fait de ce dossier.

( au centre de l’image) L’ex Ministre des transports, Boudjemaa Talai (Aujourd’hui incarcéré) et Brahim Ihadaden, DG de l’ONM

Cela suffit-il dès lors à justifier le maintien du DG de l’ONM à son poste, malgré le constat des lacunes et faiblesses managériales de l’office, comme établi par les rapports de suivi du Programme d’Appui à la mise en œuvre de l’Accord d’Association Algérie-UE et le projet d’appui au renforcement des capacités de l’Office National de la Météorologie ?

La question mérite d’être posée, car l’office gère effectivement d’énormes budgets qui restent méconnus de l’opinion publique, et non soumis à la rigueur d’un suivi interne, dès lors que le comité de participation ou le syndicat, sont tout acquis à la cause du ”petit despote’’ de l’office de la météorologie.

En effet, peu de gens savent que pour le seul achèvement du projet de réalisation de la station météorologique sise à la wilaya de Tipaza, une enveloppe financière de l’ordre 4,2 Mds Da avait été allouée au titre de l’exercice 2020, selon le Ministre des Transports de l’époque Mr Mustapha Kouraba !

Ainsi, le Ministère des Transports alloue une importante manne financière à l’ONM, qui lui permet de passer des marchés d’acquisitions, certes à la hauteur des missions qu’elle devrait assurer pour l’Etat, mais dont les résultats sont bien en dessous des attentes en la matière. Qu’on en juge.

En 2018, l’ONM a octroyé un marché de plus de 15 Millions de DA pour la réalisation de la fameuse bâtisse en R+1 prévue pour l’archivage à la ‘’Sarl NAAS et Fils ETBHP’’. Une entreprise bien servie par les pouvoirs publics en général, et par l’Entreprise Nationale de la Navigation Aérienne en particulier qui lui avait octroyé un marché de près de de 30 Millions de DA, pour la réalisation en tout corps d’état d’une centrale électrique à… l’aérodrome d’El-Oued !

Autre exemple, en 2019, l’ONM a acquis 3600 Radiosondes complètes, importés de la société finlandaise VAISALA Oyj pour la somme de 364 000,00 Euros. Cet achat fait suite à un autre marché passé en 2017 à la même entreprise d’un montant de 947.187 Euros pour l’acquisition de 3 stations neuves d’observation météorologique d’aide à la navigation aérienne AWS310-site, 6 capteurs de visibilité FS11, 2 télémètres de nuages CL31, 2 stations RWS200 de mesure d’état de surface des pistes) et de la centrale d’acquisition et de visualisation de données Avimet pour l’aéroport international de Boumédiène.

 

         

Equipements d’observation météorologique d’aide à la navigation 

Pour les besoins de ses stations aérologiques, ce sont en moyenne 55 Millions de Dinars d’Hélium gazeux que l’Office consomme annuellement. Tout comme près de 10 Millions de DA avaient été dégagés la même année pour l’acquisition de véhicules auprès de Gloviz, société appartenant à l’homme d’affaires Larbaoui, aujourd’hui en prison.

Le plus surprenant dans cette machine à dépenser l’argent des subventions publiques et étrangères, ce sont les montants concernant les projets de génie civil, domaine de compétence du DG de l’ONM Brahim Ihadadene, comprenant des études et des travaux de réfections de stations météorologiques, qui pour la seule année 2019 ont atteint près de 18 Millions de Dinars !

Mais ce qui nous a le plus étonné, est que des salles spécifiques de conférence au niveau du complexe de Dar El Beida aient été aménagées et divers travaux d’aménagements y avaient été réalisés, nécessitant par ailleurs l’acquisition de nouveaux équipements. Ne pouvant les rentabiliser, la Direction de l’ONM s’est lancée dans…leur location. Honteux !

” Voilà le niveau des inamovibles dirigeants de nos entreprises publiques. Avec l’ONM, vous avez le cas concret d’un dirigeant étranger à la météorologie, qui au final va transformer une partie de cette EPIC scientifique stratégique, en une vulgaire affaire commerciale de location de salles… » Nous diront désabusés plusieurs cadres de l’Office.

Cela donne une idée de l’ampleur du désastre managérial qui sévit au sein des entités publiques du pays, particulièrement lorsqu’elles sont laissées entre les mains d’affairistes ou d’incompétents, qui abusent de leur autorité pour ériger le favoritisme et le népotisme comme modèle.

Bachir Hamadache – Directeur des prévisions ONM

Ainsi, le chef de département des prévisions et des télécommunications météorologiques, Mr Bachir Hamadache, a réussi à faire recruter son fils Rafik à un poste de responsabilité au sein même du département qu’il dirige à l’ONM, ce qui ouvre droit à son rejeton, promu chef d’équipe des prévisionnistes de la météorologie, des formations à l’étranger au mépris de tous les critères qui s’imposent pour le choix du personnel météorologique pour de telles formations…

Rafik Hamadache, chef d’équipe des prévisionnistes de la météorologie.

Des formations à l’étranger qui ne bénéficient pas toujours aux principaux concernés, comme ce stage de deux mois qui s’était tenu dans l’Alabama aux Etats-Unis suite à l’achat du fameux radar Doppler, entre temps démantelé et jeté à la décharge. Aucun ”radardiste” ne figurait sur la liste des 11 personnes retenues à cette formation !

C’est cette gestion qui expliquerait, selon les informations recueillies, les nombreuses erreurs de prévisions météo et les successives pannes d’équipements, par ces fonctionnaires pistonnés qui n’avaient pas les connaissances nécessaires pour participer à ces formations.

Taux de réussite aux prévisions BMS légèrement au-dessus de 50%

Car le rôle des prévisionnistes, dont le domaine a été transformé au cours des deux dernières décennies par l’immense progrès de la prévision numérique, reste déterminant pour la sécurité civile et celle du grand public, et se doit de passer nécessairement à travers une maîtrise totale des connaissances scientifiques qui lui permettent de détecter et corriger ces cas où la prévision numérique s’écarte de la réalité et pour émettre les alertes appropriées.

Et puisque nous en sommes aux avantages, tous les algériens le savent, les premiers à en profiter sont bien évidemment ceux qui couvrent au mieux les combines de leurs responsables. Explication.

Conscient de ses embarrassantes lacunes en Météorologie lors de rencontres internationales dans le domaine de la météorologie, le DG de l’ONM, censé être le Représentant de l’Algérie auprès de l’Organisation Météorologique Mondiale domiciliée à Genève, a toujours réussi à se défausser sur son Directeur du Centre Climatologique National, pour le remplacer quand il doit rencontrer des météorologues internationaux.

Et en guise de reconnaissance, Mr Salah Sahabi Abed, le Directeur du Centre Climatologique National de l’Office National de la Météorologie, se voit autorisé à occuper l’un des 2 appartements…du bâtiment d’archives. Voilà où en est l’Office National de la Météorologie algérienne !

(de G.à D.) Brahim Ihadaden DG de l’ONM, Salah SAHABI ABED, Directeur du Centre Climatologique National, et Bachir Hamdache Bachir HAMADACHE, Directeur du Centre des Prévisions Météorologiques.

Cet office devrait être à la pointe de la recherche dans le secteur de la météorologie, produire des projections climatiques régionales, et pourquoi pas globales, en se basant sur les différents scénarios d’émissions de gaz à effet de serre qu’elle récolte dans sa station de Tamanrasset.

L’étude du climat, l’amélioration de la prévision du déplacement acridien dans le sud, la mise en place d’un réseau national de détection de la foudre, sont autant d’activités annexes que pourrait commercialiser l’ONM, afin de répondre aux attentes en prestation météorologique et climatologiques des grands secteurs de l’économie.

Et pourquoi pas améliorer son intervention, tant décriée, en support aux services chargés de la mer, de la sécurité civile, de la navigation aérienne, de la prévention des risques majeurs et de la sûreté nucléaire.

Elle pourrait développer pour les citoyens de nouveaux services climatiques telles : la formation, la sensibilisation et l’adaptation au changement climatique, montrant ainsi de manière pédagogique les bons gestes à adopter face aux phénomènes météorologiques dangereux, lors d’épisodes d’inondations ou de sécheresses...

Cet office étrangement laissé sans contrôle des pouvoirs publics algériens, pourrait par ailleurs contribuer à la gestion des risques sanitaires et technologiques dépendants de la météorologie, comme le font déjà ses homologues européens en ce qui concerne la surveillance de la qualité de l’air, des pollens, de la prévision de la dispersion des pollutions accidentelles chimiques dans l’atmosphère.

L’ONM pourrait exporter tous ces services aux pays limitrophes, au Sahel, mais il semblerait que ses dirigeants et ses responsables de tutelle n’aient pas ces ambitions…

Nous avons tenté à plusieurs reprises de contacter les Responsables au niveau du Ministère de Transports pour avoir leur point de vue, tout comme nous avons tenté de joindre la responsable de la DACM, Mme Aicha Bourouis, afin qu’elle nous clarifie les questions soulevées par notre enquête quant aux chances de réussite de la mise en œuvre d’un plan de modernisation de l’Office National de Météorologie. Personne n’a jamais répondu à nos appels.

Dommage…

Fabienne Outar

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