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Enquête américaine sur les origines du Hirak : Comment à partir de 2014 les Algériens ont sombré dans la colère et les frustrations politiques et sociales

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Le Hirak est-il un phénomène prévisible ? Oui, si l’on tient compte des chiffres révélés par un grand institut de sondage américain qui avait consacré à l’Algérie toute une enquête d’opinion avec des données chiffrées qui en disent long sur le malaise social, politique et économique de l’Algérie qui avait commencé à partir de 2014, année à laquelle a commencé officiellement le 4e mandat d’Abdelaziz Bouteflika. 

D’abord, il faut  savoir que ces données chiffres proviennent du plus puissant et influent institut de sondage dans le monde. Il s’agit de Gallup institut fondé par le célèbre Georg H. Gallup, psychologue de formation, homme de communication par vocation, qui a fondé en 1935, aux États-Unis, le premier institut d’étude de l’opinion publique par sondage, institut qui porte son nom et dont les activités internationales n’ont pas cessé de se multiplier, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Établi depuis la fin des années 1970 à Princeton, dans l’État du New Jersey, l’initiateur des premières enquêtes par sondage est l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment : The Gallup Political Almanac, 1952 ; Secrets of long life, 1960 ; The Miracle ahead, 1964.

L’institut Gallup s’intéresse à tous les pays du monde et à toutes les régions du monde. C’est l’un des rares centres d’analyse qui opère sur tous les continents. Et lorsque le Hirak a commencé en Algérie menant vers la chute de Bouteflika, l’institut américain a révélé des données qui nous apprennent énormément d’informations sur l’état de notre pays et les causes qui ont provoqué le Hirak le 22 février 2019.

Ainsi, à partir de 2014, la prospérité a diminué terriblement en Algérie. Entre 2014 et 2015, le pourcentage des personnes en difficulté sociale et financière est passé de de 62% à 78% des Algériens. Déjà en 2016, à peine 33 % des Algériens estimaient qu’ils vivaient bien dans leur propre pays. La politique du pouvoir algérien a aggravé la colère et les frustrations des Algériens à partir de 2016-2017, nous apprennent les données de l’institut de Gallup car si en 2014, 48 % des algériens pensaient que l’économie de leur pays s’améliorait, ce pourcentage est tombé à moins de 24 % en 2017. Ce qui démontre que l’incapacité du pouvoir algérien à gérer les conséquences de la chute drastique des prix du baril du pétrole et de la chute de la valeur du dinar algérien sans oublier la détérioration dangereuse du pouvoir d’achat a renforcé le sentiment de colère chez les Algériens. 

En 2014, 24 % des Algériens estimaient que les problèmes économiques de leur pays empiraient. En 2016, ils sont plus de 44 % des algériens à le penser. En 2014, 43 % des algériens pensaient qu’il était le bon moment de trouver un emploi dans leur pays. En 2018, à peine 20 % des algériens estimaient qu’il était encore possible de trouver un emploi dans leur pays. Les conséquences catastrophiques du 4e mandat de Bouteflika sont donc claires et visibles.

Selon Gallup Institut, à partir de 2018, les algériens étaient convaincus qu’il est, désormais, nécessaire de sortir dans les rues pour manifester sa colère et réclamer le changement. En 2018, les manifestations des médecins résidents et les quelques mouvements sociaux qui ont caractérisé certains secteurs comme les entreprises Fertial, le complexe sidérurgique d’El-Hadjar ou la SNVI (ex-Sonacom) ont préfiguré le déclenchement du Hirak. A l’approche des élections présidentielles d’avril 2019, les Algériens bouillonnaient de colère et le Hirak a fini par cristalliser cette colère collective.

Gallup juge enfin que les Algériens ont partiellement réussi leur mouvement de contestation en dégageant Bouteflika du pouvoir. Mais l’Algérie n’est pas à l’abri de “nouveaux bouleversements” et l’instabilité va perdurer encore tant que des réformes profondes sur tous les plans ne sont pas conduites par de nouveaux décideurs.

 

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