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Enquête. A la suite de la catastrophe d’El-Oued : plongée au coeur de l’activité TRC de Sonatrach

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Les Algériens ne connaissent pas ce secteur très particulier et dont les implications sur leur vie sont pourtant majeures. Et pour cause, l’Activité Transport par Canalisations (TRC) est le maillon régulateur de la chaîne des hydrocarbures. Elle a pour mission le développement, la gestion et l’exploitation du réseau de transport et des installations portuaires. C’est l’une des directions les plus stratégiques de Sonatrach. 

Cette direction assure le transport des hydrocarbures liquides et gazeux produits par Sonatrach vers les différents clients nationaux et étrangers. Or, ce transport des hydrocarbures nécessitent des conditions optimales d’économies, de qualité et de sécurité. La moindre erreur ou défaut de maintenance peuvent causer des catastrophes écologiques et environnementales majeures  avec des de fortes pertes financières comme l’a démontrée la récente catastrophe environnementale provoquée par les fuites de pétrole survenues jeudi 3 septembre dernier dans la Wilaya d’El-Oud au sud du pays.  Pour les habitants et les agriculteurs de cette wilaya notamment de la la région d’El Baadj, cet accident est perçu comme une calamité, souillant l’unique richesse valable à leurs yeux : l’eau.

Pour rappel, La première fuite a été enregistrée à la sortie de la station de pompage SP2 à Djaamaa, dans la commune d’El Oued, point 190 + 200 (PK). La deuxième fuite a été, quant à elle, enregistrée au point PK 263 dans la région d’Al-Baaj, dans la wilaya déléguée d’El M’gheir. Les quantités de pétrole déversées se sont mélangées aux eaux de l’oued Itell, donnant à voir le spectacle d’un désastre environnemental. Les agriculteurs travaillant les terres et les palmeraies au bord du cours d’eau, qui découvrent pantois l’ampleur de la catastrophe, ne savent plus à quel saint se vouer. En plus des pertes agricoles, des craintes sont exprimées sur les risques qu’encourent les ressources animales de la région (ovines, caprines et camelines).

C’est dire qu’une énorme responsabilité pèse sur les hauts responsables de l’activité TRC de Sonatrach pour protéger l’environnement et la santé humaine des Algériens et Algériennes contre les conséquences néfastes des fuites des hydrocarbures. Des pressions qui s’expliquent aussi par la croissance des autres activités opérationnelles pétrolières et gazières de Sonatrach dans un contexte de forte demande énergétique sur le marché national comme à l’international.

Dans ce contexte, l’activité TRC doit continuellement développer, fiabiliser et sécuriser son réseau de transport pour garantir une continuité de service. Il faut savoir que Sonatrach fut, d’abord, une entreprise de transport des hydrocarbures  créée en 1963, soit une
année après l’indépendance de l’Algérie, avec la mise en service de son premier oléoduc en
1966 : l’OZ1 reliant Haoud El-Hamra à Arzew. Il importe de souligner que le premier oléoduc de l’histoire du transport des hydrocarbures par canalisations a été mis en service en 1959 en Algérie. Il s’agit de l’oléoduc OB1, d’un diamètre de 24 pouces et d’une longueur de 668 kilomètres, reliant le centre de stockage de Haoud El-Hamra au port pétrolier de Béjaïa.

À noter également que le premier gazoduc entre Hassi R’Mel et Arzew a été mis en service en 1961 pour alimenter l’usine de liquéfaction La Camel située à Arzew.

Aujourd’hui, le réseau de transport par canalisations s’est considérablement étendu et couvre aujourd’hui 21 290 km, dont 53 % au service du réseau de transport du gaz naturel.  La capacité installée de transport de gaz du pays avoisine 134 milliards de m3/an, dont 53 milliards de m3/an via les trois gazoducs (GPDF, GEM et Medgaz) destinés à l’approvisionnement de l’Europe, le solde étant attribué au marché national et aux complexes de liquéfaction d’Arzew et de Skikda.

Il faut savoir que l’Activité  TRC a enregistré au 31 décembre 2018, un volume global transporté de 239,28 millions de tonne d’équivalent pétrole (TEP)   tous produits
confondus, sur les réseaux du nord et du sud du pays, contre 238,42 millions de TEP en 2017.

Sonatrach a réalisé en 2018 une légère progression de 0,4 % des réalisations de transport qui est principalement liée à une hausse de 3 % de l’activité sur le réseau sud (84,14 millions de TEP en 2018 contre 81,88 millions de TEP en 2017).

A travers le réseau nord, le niveau des réalisations s’est inscrit en recul de 1 % pour atteindre 155,14 millions de TEP, soit un taux de réalisation de 102 % par rapport à la
prévision annuelle. Cette hausse des volumes transportés a néanmoins été freinée par la baisse de production de pétrole brut suite aux accords OPEP – non OPEP sur la
réduction des quotas de pétrole brut pour soutenir le prix du baril sur les marchés internationaux. Le volume de pétrole brut transporté au cours de l’année 2018
a ainsi enregistré un repli de 3 % par rapport à 2017, pour s’établir à 73 millions de tonnes.

Concernant le gaz naturel dont la production n’est limitée par aucun accord international, SONATRACH a affiché en 2018 en revanche un volume transporté en progression de 3 % en 2018, à 143 milliards de Cm3 contre 139 milliards de Cm3 un an plus tôt. Cette baisse de la production s’est traduite pour l’Activité TRC par un manque à transporter dans le pétrole brut, le condensat et le GPL sur les réseaux nord et sud.

Dans le gaz naturel notamment, SONATRACH a affiché des écarts négatifs au niveau de certains STC, à l’instar de GR5 48”: l’objectif annuel fixé pour 2018 a été atteint
à hauteur de 67 %, soit un écart négatif de 1 526 730 103 Cm3, qui s’explique par le manque du produit au niveau des champs (Touat : 83 %, Reggane : 06 % et Timimoun : 11 %).

Sonatrach avait établi un plan à moyen terme 2019-2023 de l’Activité TRC où il est explicité que les équipes de cette direction doivent concentrer leurs efforts sur l’achèvement des projets en cours de réalisation ainsi que sur les projets majeurs afin de permettre à SONATRACH de consolider sa place sur l’échiquier mondial du marché
des hydrocarbures. Cependant, depuis les chamboulements politiques ayant ébranlé le pays au début de l’année 2019 et en passant par les conséquences désastreuses de la crise sanitaire du coronavirus COVID-19, les objectifs de ce plan n’ont pas été réalisés comme il avait été tracé préalablement par la direction générale de Sonatrach.

Force est également de constater que l’analyse des réalisations de transport de l’activité TRC en 2018 à travers le réseau du nord par produit fait ressortir ce qui suit :

La part du gaz naturel a représenté 58 % (95 milliards de m3) des réalisations de transport, dont 40 % ont été exportés à travers les gazoducs (GEM, GPDF et Medgaz)
vers l’Europe. Ces réalisations sont en hausse de 1 % par rapport aux réalisations de l’année 2017. La part de pétrole brut, quant à elle, a atteint 30 % (soit 47 millions de tonnes) des réalisations de transport, dont 56 % sont destinées à l’exportation. Soit un taux de réalisation de 99 % par rapport à la prévision annuelle. Toutefois, il convient de signaler que ces réalisations de Sonatrach sont en retrait de 3 % par rapport aux réalisations de l’année précédente, à savoir 2017.

La part du condensat dans les réalisations de transport s’élève à 6 % (9 millions de tonnes), dont 52 % sont destinées à l’alimentation de la raffinerie de Skikda (TOPC) ; soit un taux de réalisation de 97 % par rapport à la prévision annuelle. Ces réalisations sont en recul de 4 % par rapport à l’année 2017.  La part du GPL représente 6 % (8 millions de tonnes) des réalisations de transport, soit un taux de réalisation de 97 % par rapport à la prévision annuelle.

Notons enfin que les investissements consacrés par Sonatrach à l’Activité TRC se sont élevés à 552 millions de dollars durant l’exercice 2018, soit 7 % du budget global d’investissement du Groupe. Ce budget a ainsi été réalisé à hauteur de 97 % par rapport au programme annuel prévu, a-t-on appris auprès de plusieurs sources proches de Sonatrach.

L’effort a porté essentiellement sur le développement du réseau (46 % du programme)
et la réhabilitation des installations (26 %). De fait, TRC continue de donner la priorité aux investissements dans le secteur gazier en raison de la demande soutenue en gaz
naturel (GN) sur le marché national et à l’international.

Soulignons en dernier lieu que Sonatrach a procédé au lancement de nombreux appels d’offre en 2018 portant sur l’extension du réseau de transport à travers le lancement en 2018 du projet d’extension du gazoduc GPDF à partir du Terminal Départ situé à El Aricha jusqu’à Beni Saf sur une longueur de 200 km, ainsi que l’amélioration des conditions d’exploitation et la modernisation du réseau telles que la réalisation de refroidisseurs de gaz naturel pour les cinq groupes de stations des GZ1.2 et GZ3, des gazoducs allant de Hassi R’Mel à Arzew ainsi que la réalisation d’un système de mélange et la mise à niveau au Centre National de Dispatching Gaz (CNDG) de Hassi R’mel.  L’Activité TRC avait également lancé un appel d’offre pour la construction d’un centre de supervision des pipelines. Elle avait aussi finalisé son cahier des charges pour la réalisation de deux centres de contrôle des gazoducs relevant la région Ouest (RTO) et la nappe de pipes de la région Est.

 

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