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Document. COVID-19 : L’utilisation des tests de dépistage PCR est toujours faible en Algérie

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Les kits de dépistage du COVID-19 continuent de manquer cruellement en Algérie. Et c’est pour cette raison que leur utilisation est encore dérisoire sur l’ensemble du territoire algérien compliquant ainsi énormément la tâche aux professionnels de la santé publique lesquels peinent toujours à évaluer réellement l’ampleur de la pandémie du COVID-19 faute de tests de dépistage PCR. C’est en tout cas la conclusion que l’on peut tirer d’une étude réalisée sur la base d’un rapport scientifique officiel et très approfondi de l’Institut National de la Santé Publique (INSP).

L’INSP est l’un des rares organismes publics en Algérie qui publie des données scientifiques très fiables sur la situation épidémiologique qui prévaut dans notre pays. Et pour cause, l’Institut National de la Santé Publique a pour objet de réaliser des travaux d’étude et de recherche en santé publique permettant de fournir au ministère de la santé les instruments scientifiques et techniques nécessaires au développement des programmes d’action sanitaire et de promotion de la santé publique et à leur coordination intra et intersectoriel.

Dans son bulletin sur la situation sanitaire du pays datant du 26 juillet dernier et entièrement consacré à la situation épidémiologique liée au COVID-19, l’INSP a noté qu’au 26 juillet, le pourcentage de diagnostic de l’infection COVID-19 par la PCR, par rapport à l’ensemble des cas, est de 31,9 % à l’échelle nationale. Cela signifie qu’en Algérie, à peine 31,9 % des cas confirmés de COVID-19 ont été identifiés grâce à des tests de dépistage PCR. Le reste des cas positifs et contaminés, c’est-à-dire près de 70 %, ont diagnostiqués grâce au scanner thoracique. Or, ce n’est pas du tout un outil de dépistage fiable du COVID-19 car de nombreux patients contaminés développant des syndromes légers ou demeurant encore asymptomatiques ne peuvent pas être détectés par le scanner thoracique, à savoir la méthode appelée TDM ou ka tomodensitométrie, dite aussi scanographie dans le jargon médical et scientifique.

L’analyse effectuée par les spécialistes de l’INSP par région, montre qu’au niveau du Centre du pays, seules trois wilayas ont une proportion d’utilisation de la PCR dans le diagnostic supérieure à 50 %. Ce sont Bouira, Tipaza et Tizi ouzou. Les plus faibles
proportions sont retrouvées dans les wilayas de chlef (2,3 %), de Bordj Bou Arreridj (6,5 %) et de Médéa (7,3 %). Il s’agit de wilayas dont le taux d’utilisation des tests de dépistage PCR est inférieur à 10 % ! Un cas unique à travers le monde.

Pour la région Est, huit wilayas utilisent la PCR dans le diagnostic avec une proportion
supérieure à 50 %. Et la plus grande proportion est enregistrée à Khenchela (79,2 %), la plus basse à Tebessa ( 18 %). En revanche,  à l’Ouest du pays, seules Oran et Mostaganem ont des proportions de PCR dépassant les 80 %. Pour les huit autres wilayas, cette proportion ne dépasse pas 40 %. Pour ce qui concerne la région Sud, on note que sept wilayas utilisent majoritairement la PCR. On peut citer Naâma (99,4 %), El Oued (98,9 %) et Ghardaia (78,3 %). Néanmoins, dans au moins cinq wilayas, cette proportion est
inférieure à 50 %, notamment Tindouf, Laghouat et El Bayadh. Ces données officielles confirment une nouvelle fois que l’Algérie n’a pas encore développé une politique de dépistage sérieux et fiable alors que le pays est en plein pic de contaminations.

Une déficience qui en dit long sur le décalage qu’il y a entre la progression de la pandémie en Algérie et l’amélioration des capacités de dépistage du pays. Un décalage dangereux qui compromet sérieusement la santé publique. Il faut savoir en dernier que depuis le début de la pandémie au mois de février dernier, dans le monde entier le dépistage de la maladie COVID-19 repose sur la réalisation de tests virologiques RT-PCR (permettant de savoir si on souffre de l’infection à un instant T).

Le test RT-PCR est une technique non invasive qui permet de réaliser une PCR (réaction en chaîne par polymérase) à partir d’un échantillon d’ARN.  “Il nécessite un prélèvement naso-pharyngé par écouvillonage : des cellules nasales profondes sont prélevées à l’aide d’un écouvillon (une sorte de long coton-tige) que l’on insère dans les narines, jusqu’à 15 cm environ”, explique à ce propos le Dr François Blanchecotte, président du Syndicat français des biologistes.

L’opération ne prend que quelques secondes et peut être plus ou moins douloureuse. Il s’agit ensuite de détecter un brin d’ARN appartenant au coronavirus SARS-CoV-2, puis de transformer en un brin d’ADN que l’on pourra ensuite analyser.  Seuls deux types de professionnels de santé sont habilités à faire ce prélèvement : les infirmiers et les biologistes – qu’ils soient pharmaciens ou médecins. Depuis le début de la pandémie dans le monde, les médecins et les épidémiologistes n’ont jamais cessé d’expliquer que seul le test PCR permet de détecter la présence du virus au moment où le patient effectue le test. Les tests PCR sont les seuls qui sont considérés comme fiables scientifiquement. Malheureusement, jusqu’à maintenant, l’Algérie n’a absolument rien fait de concret pour développer concrètement ces capacités de dépistage pour répondre aux besoins sanitaires du pays. C’est ce qui explique certainement la détérioration actuelle et dangereuse de la situation sanitaire du pays.

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