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COVID-19 : Une infirmière décédée à Sétif, contradictions au haut sommet de l’Etat algérien

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Le personnel soignant algérien perd encore l’un de ses membres dans cette guerre qu’il livre contre le COVID-19. Une infirmière est décédée dans la nuit de mercredi à jeudi des suites du coronavirus à la wilaya de Sétif.

L’infirmière qui exerçait à l’établissement hospitalier d’Ain El Kebira a rendu l’âme au service de réanimation de l’hôpital Mohamed Abdennour Saadna. Elle y a été transportée mardi dernier après la détérioration de son état de santé, explique ce jeudi l’agence de presse APS.

Pour rappel, le mercredi 8 juillet, Sétif a pleuré la mort de Mourad Rifaoui, le chef du service de radiologie, relevant du service des urgences au Centre hospitalière Mohamed Abdennour Saadna de Sétif. Il est décédé mercredi matin d’une infection par le nouveau Coronavirus (Covid-19). Agé de 56 ans, le défunt avait été transféré au service de réanimation du même centre hospitalier lundi dernier  à la détérioration dangereuse de son état de santé.  Le défunt est considéré comme l’un des médecins les plus dévoués à la cause de ses patients à Sétif. Il était toujours parmi les premiers rangs face à la pandémie de Coronavirus depuis son apparition à Sétif.

Ces morts interviennent dans un contexte où le personnel de la santé publique en Algérie est totalement tiraillé par les contradictions qui divisent en ce moment le sommet de l’Etat algérien. Hier jeudi, lors de la séance de travail présidée, jeudi à Alger, par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et consacrée à l’examen de la situation sanitaire dans le pays à la lumière de l’augmentation du nombre de cas de Covid-19 dans nombre de wilayas, il a été affirmé qu’à la capitale Alger, sur les 5700 lits que totalisent les 13 hôpitaux, 643 lits seulement sont réservés aux malades du Covid-19. Ainsi, d’après la Présidence de la République, il y a suffisamment de lits d’hôpitaux pour prendre en charge les patients de COVID-19 alors que les hôpitaux sont totalement saturés et ne peuvent plus garantir une hospitalisation aux personnes contaminées par le virus et présentant des syndromes respiratoires graves.

En réalité, l’affirmation de la Présidence est totalement infondée et fausse. Le palais présidentiel d’El-Mouradia ne distingue pas entre des lits d’hôpitaux et de lits de réanimation, à savoir un lit équipé de respirateurs artificiels et d’un scope, à savoir un écran TV qui permet de suivre en permanence les paramètres vitaux comme le rythme cardiaque, le pouls, le taux d’oxygène dans le sang (SpO2), la tension artérielle ou encore la température. Il est relié au patient par des électrodes. En cas de trouble du rythme par exemple, l’appareil déclenche une alarme visuelle et sonore.

Ce genre de lits, dans toute l’Algérie, leur nombre ne dépasse les 1000, a-t-on pu confirmer de plusieurs sources médicales. Et de ces lits dont le personnel soignant a besoin pour prendre en charge les patients souffrant de détresse respiratoire à cause du COVID-19. En l’absence de lits de réanimation, les soignants algériens tentent de transformer des lits d’hôpitaux en lits de réanimation de fortune avec des bouteilles d’oxygène rudimentaires et en posant une perfusion aux patients en cas de déficit respiratoire à cause des complications provoquées par le COVID-19.

Et si la Présidence rassure sur la disponibilité des lits dans les hôpitaux, le ministre de la Santé a reconnu lui-même ce vendredi que les hôpitaux de la capitale Alger ne peuvent plus supporter la pression qui est exercée sur leurs unités de COVID-19.

Ce vendredi, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, a donné vendredi des instructions fermes à l’ensemble des gestionnaires des hôpitaux publics de la wilaya d’Alger concernés par la prise en charge des cas affectées par le coronavirus (Covid19). La réunion avec ces gestionnaires vise à “redynamiser le dispositif mis en place et anticiper sur les capacités de prise en charge des cas de Covid-19”, a-t-il indiqué lors de cette réunion à laquelle ont pris part les gestionnaires des Centres hospitaliers universitaires Mustapha Bacha, Beni-Messous, Bab-El-Oued, Hussein Dey et Douéra, et les directeurs d’établissements publics hospitaliers de Zéralda, Birtraria, Kouba, Ain Taya, Rouiba, El-Harrach et Bologhine, ainsi que les directeurs des Etablissements hospitaliers spécialisés d’El Kettar, du CPMC (Centre Pierre et Marie-Curie), de Ben Aknoun et de Salim Zemirli.

Parmi les principales directives qui ont été données aux gestionnaires, figurent notamment le renforcement du dispositif sur le terrain afin d’augmenter les capacités de prise en charge et anticiper sur la saturation des services dédiés au Covid-19, l’augmentation des capacités des lits d’hospitalisation et des lits de réanimation au niveau des structures en les renforçant en équipements et personnels et l’ouverture éventuelle d’autres services et d’autres établissements dans ce cadre.

Le discours du ministère de la Santé est donc totalement différent de celui de la Présidence qui ne semble pas comprendre les nuances essentielles du secteur de la Santé. Ce n’est pas du tout sérieux à l’heure où une pandémie mondiale d’une rare virulence ravage des régions entières du pays.

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