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COVID-19. Confinement, Chloroquine : un rapport officiel démontre l’échec des autorités algériennes

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Aucune mesure décidée ou appliquée par les autorités algériennes pour ralentir la propagation du coronavirus COVID-19 n’a été réellement efficace. Tout le dispositif de prévention sanitaire mis en place par le gouvernement depuis le mois de mars dernier s’est soldé par un échec retentissant. Les données épidémiologiques recueillies par un rapport officiel algérien le démontre. Ce rapport a été réalisée sur la base d’une étude scientifique officielle et très approfondie de l’Institut National de la Santé Publique (INSP). 

L’INSP est l’un des rares organismes publics en Algérie qui publie des données scientifiques très fiables sur la situation épidémiologique qui prévaut dans notre pays. Et pour cause, l’Institut National de la Santé Publique a pour objet de réaliser des travaux d’étude et de recherche en santé publique permettant de fournir au ministère de la santé les instruments scientifiques et techniques nécessaires au développement des programmes d’action sanitaire et de promotion de la santé publique et à leur coordination intra et intersectoriel.

Dans son bulletin sur la situation sanitaire du pays datant du 3 août dernier, l’INSP a étudié les dessous l’évolution de l’épidémie de COVID-19 au cours des mois de mars à juillet 2020. L’étude de l’INSP décrit notamment les changements intervenus, en termes d’incidence des cas positifs au COVID-19 et met en exergue “les faits qui ont marqué chaque mois” et ce depuis le début de l’épidémie en Algérie.

Ainsi, le rapport de l’INSP nous apprend que du 1er au 31 mars, l’Algérie est passée de 2 cas à 717 cas cumulés, soit une incidence de 1,68 cas pour 100 000 habitants. Les cas sont enregistrés essentiellement dans le nord du pays notamment à Blida et Alger. Jusque-là, la situation semblait maitrisable et hors de danger.  Mais au lieu de faire d’anticipation en adoptant les mesures sanitaires les plus importantes dés le début de la pandémie afin d’empêcher la circulation massive du virus, les autorités algériennes ont tergiverser et perdre beaucoup de temps. Finalement, ce n’est qu’à partir du 23 mars que le gouvernement algérien décide le confinement d’abord de la wilaya de Blida où sévit l’épicentre de l’épidémie, puis d’Alger et enfin de neuf autres wilayas.
Mais le confinement à l’algérienne a manqué cruellement de rigueur et de sérieux. La désorganisation et l’anarchie qui avaient entouré la gestion de ce confinement sanitaire ont largement profité au COVID-19. Preuve en est, le rapport de l’INSP nous apprend que c’est justement au cours du mois d’avril que l’on enregistre le taux d’augmentation des cas confirmés le plus important avec 459,5 % !
Le nombre de cas est passé de 717 au 31 mars à 4 006 au 30 avril ; ce nombre a été multiplié par un facteur de 5,6. Au cours de ce même mois, les autorités algériennes adoptent une instruction généralisant le traitement à base d’hydroxychloroquine à l’ensemble des malades Covid-19. En parallèlement, le confinement partiel est étendu à toutes les wilayas et la décentralisation du diagnostic par la PCR monopolisée par l’Institut Pasteur d’Alger, entamée fin mars, se poursuit timidement avec un nombre de kits de dépistage très réduit et insignifiant. Au cours de la même période, l’imagerie médicale, à savoir le scanner thoracique, est introduite pour aider au diagnostic des cas d’infection
Covid-19.
La généralisation excessive du traitement à base de la chloroquine n’a finalement apporté aucune utilité et les autorités algériennes ont commis une énorme bêtise : limiter le dépistage pour privilégier uniquement la généralisation à tous les cas suspects du traitement à base d’hydroxychloroquine. Les conséquences furent désastreuses puisqu’au cours du mois de mai, l’INSP a noté une augmentation pratiquement identique de l’incidence des cas positifs au COVID-19 avec respectivement 134,5 % et 135,8 %.
Face à cette situation alarmante, l’Algérie rattrape son retard par rapport à plusieurs pays africains et impose le port obligatoire du masque dans les espaces publics. Des instructions sont également émises pour la prise en charge de populations spécifiques telles que les femmes enceintes, les insuffisants rénaux et les malades en psychiatrie.
Malheureusement, le manque de rigueur observé dans l’application de ces mesures et la circulation rapide du virus COVID-19 vont provoquer une véritable catastrophe sanitaire.
En juin, les courbes des contaminations montent encore crescendo. Le nombre des cas positifs diagnostiqués par le scanner thoracique augment de plus de 141,5 % au mois de juin. Devant l’augmentation importante des cas, une cellule est mise en place par le 1er ministère pour suivre et renforcer les enquêtes épidémiologiques nécessaires à l’identification et la prise en charge des sujets contacts. Oui, il fallait attendre la fin du mois de juin pour que les autorités algériennes se lancent dans les enquêtes épidémiologiques ! Un manque terrible de réactivité que les Algériens vont payer cher, très cher.
Et pour cause, dés le début du mois de juillet, l’Algérie est devenue un foyer épidémiologique dangereux. Au cours du mois de juillet, le nombre des cas contaminés prouvés par les tests de dépistage PCR+ a connu un accroissement de 118,6 %  ! Concernant le nombre des cas positifs identifiés par le scanner thoracique, l’Algérie a subi une augmentation dépassant les 134 % ! A partir de ce moment-là, l’épidémie du COVID-19 a échappé à tout contrôle en Algérie. 

 

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