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COVID-19. Ces milliers d’Algériens positifs au scanner thoracique ignorés par le ministère de la Santé

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Selon le bilan officiel du ministère algérien de la Santé, il y aurait en Algérie 53 777 cas positifs au coronavirus COVID-19. Un chiffre étrangement bas pour un pays méditerranéen de plus de 44 millions d’habitants alors que tous les pays de la région connaissent des hausses vertigineuses des nouveaux cas contaminés. En vérité, les chiffres du ministère de la Santé en Algérie sont totalement biaisés parce qu’ils ne prennent pas en considération les déficiences inquiétantes du dépistage. Mais surtout, les autorités algériennes occultent sciemment des milliers d’autres cas contaminés déclarés positifs dans les hôpitaux algériens à la suite d’un examen au scanner thoracique. 

En effet, ils sont plusieurs milliers qui sont déclarés comme des “cas infectés” par la COVID-19 par le soignants dans les hôpitaux à la suite d’un examen approfondi au scanner thoracique, mais sans être recensés par le ministère de la Santé parce qu’il n’y pas assez de kits de dépistage PCR afin de confirmer définitivement la positivité de ces patients.

Selon les données recueillies par le très sérieux et officiel Institut National de la Santé Publique (INSP), au 08 octobre dernier, le nombre de cas cumulés et détectés par les examens du scanner thoracique est  de 94 723 ! On les appelle dans le jargon médical les cas TDM+ en référence à la tomodensitométrie, dite aussi scanographie, tomographie axiale calculée par ordinateur ou simplement scanner ou scanneur pour l’appareil qui est une technique d’imagerie médicale utilisée aussi pour détecter les symptômes de la COVID-19 au niveau des poumons des patients ou cas suspects. La tomodensitométrie (TDM) est un examen d’imagerie lors duquel on utilise un ordinateur pour assembler une série de clichés radiographiques afin de créer des images détaillées à 3D des poumons afin de détecter la présence du coronavirus COVID-19.

Dans les pays développés, on réalise la TDM que chez les patients ayant un diagnostic suspecté ou confirmé de Covid-19 et des signes de gravité clinique (dyspnée, désaturation…) initiaux ou secondaires relevant d’une prise en charge hospitalière. Elle peut également se concevoir chez des patients suspects avec comorbidités, en attente des résultats de la PCR, ou en première ligne si les délais et la disponibilité de PCR deviennent limitants, ce qui semble se profiler.

Mais en Algérie, la méthode TDM a totalement remplacé la méthode PCR car la pénurie des kits de dépistage PCR contraint les médecins algériens à affronter l’épidémie en multipliant les examens au scanner thoracique. Le taux d’utilisation des tests de dépistage PCR ne dépasse pas les 35 % sur le territoire algérien. Une faiblesse chronique qui empêche la lutte efficace pour la détection des cas contaminés ou infectés par la COVID-19. Le scanner thoracique sauve ainsi la mise.

Et c’est ce qui explique pourquoi les patients déclarés positifs au coronavirus COVID-19 sont beaucoup plus nombreux puisqu’ils sont pas moins de 94 723 depuis le 8 octobre dernier, soit un taux d’incidence record de 222,35 cas pour 100 000 habitants. L’INSP a noté dans son bulletin spécial sur la situation épidémiologique une augmentation de 2,4 % par rapport à la semaine précédente, à savoir celle qui s’étale de la fin du mois de septembre jusqu’au début du mois d’octobre.

En termes de cas TDM+, les wilayas ayant un taux supérieur à 300 cas pour 100 000 habitants sont : Médéa (1 039,9), Bordj Bou Arreridj (794,00), Chlef (546,6), El Bayadh (508,4), Blida (471,7), Tiaret (459,5), Aïn Defla (352,65), Mascara (345,2) et Alger (330,4). Et contrairement aux cas déclarés positifs avec la méthode PCR, le nombre des cas TDM+ n’est pas du tout en baisse, mais en augmentation constante ! Ce dernier est
multiplié par un facteur de 1,8 par rapport aux cas PCR+, a confirmé l’INSP dans son rapport approfondi sur la situation sanitaire qui prévaut en Algérie à la lumière de l’évolution des indices de l’épidémie du coronavirus COVID-19.

“L’analyse de la situation épidémiologique impose de prendre en compte aussi bien les
cas confirmés que les cas dépistés par TDM”, conclut à ce sujet l’INSP. Mais cette option n’est pas retenue par le ministère algérien de la Santé qui annonce uniquement le bilan des cas PCR sans expliquer aux Algériennes et Algériennes que l’utilisation des tests PCR est en baisse régulière depuis le début de l’épidémie sur le territoire national. Que deviennent ainsi ces milliers d’algériens souffrant des symptômes de la COVID-19 ? Personne ne veut répondre à cette question ni dire la vérité au ministère de la Santé à Alger.

 

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