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Confidentiel. Rachat des parts de SORFERT par les émiratis : le Premier-ministère réclame des explications et un rapport au ministère de l’Energie

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Le dossier de la SORFERT, l’un des plus importants complexes de l’industrie pétrochimique en Algérie, revient sur le devant de la scène. Le Premier-ministère a instruit ce jeudi le ministère de l’Energie de lui communiquer dans les plus brefs délais un rapport complet sur la situation actuelle de cette société considérée comme un important producteur d’engrais azotés dans toute la région d’Afrique du Nord, avec une capacité de production de 1,26 millions de tonnes métriques de granules d’urée et 1,6 millions de tonnes métriques d’ammoniac anhydre par année. Le premier-ministère veut comprendre plus exactement dans quelles circonstances des investisseurs émiratis ont pris possession de ce la SORFERT fruit d’un partenariat entre les égyptiens Orascom Industrie qui détient 51% des parts, et Sonatrach, qui en détient 49%. 

Comme il a été révélé par Algérie Part au mois d’octobre dernier, le fonds International Petroleum Investment (IPIC), fonds d’Etat d’Abu Dhabi, a racheté les parts du groupe égyptien Orascom Industries Construction(OCI-EGYPTE) dans la société  SORFERT Algérie qui possède le complexe d’ammoniac de la zone industrielle d’Arzew.

Depuis 2014, date du lancement de la production de la SORFERT, des managers égyptiens étaient aux commandes de la Sorfert Algérie, mais la Sonatrach disposait de son droit de regard et contrôle avec la nomination dans le conseil d’administration de plusieurs représentants. La Sorfert Algérie et son complexe d’ammoniac est un atout stratégique car cette entreprise algéro-égyptienne se place en deuxième pourvoyeur de devises après la Sonatrach.  Largement utilisée en agriculture comme engrais azoté et importante matière première pour l’industrie chimique, ce complexe industriel a toujours prospéré grâce à ses exportations à l’étranger. Sorfert Algérie a réalisé récemment un chiffre dépassant 500 millions de dollars, malgré la hausse du volume de ses exportations en ammoniac et urée en 2016.

C’est dire qu’il s’agit d’une entreprise hyper-stratégique qui vient d’être acquise par International Petroleum Investment (IPIC), fonds d’Etat d’Abu Dhabi. Une acquisition qui s’est déroulée dans des conditions troublantes puisque les autorités algériennes n’ont jamais communiqué sur ce dossier délicat car il engage des intérêts juteux très occultes. En effet, l’Algérie n’a pas exercé son droit de préemption comme le dicte la loi algérienne en vigueur.

Aujourd’hui, le gouvernement algérien sort enfin de sa léthargie et le Premier-ministre, Abdelaziz Djerad, réclame des explications et un rapport détaillé à Mohamed Arkab, ministre de l’Energie.

Il s’avère que le ministère de l’Energie était au courant des dessous de cette transaction financière importante conclue entre les égyptiens et les émiratis. Mais aucun haut responsable du ministère de l’Energie n’a voulu alerter les autorités suprêmes du pays. Pis encore, Faycal Laraba, premier responsable de la la Holding Al Kimya Soalkim, filiale du groupe Sonatrach et son bras armé dans le secteur de la pétrochimie, a dissimulé de nombreuses informations stratégiques concernant la SORFERT  au gouvernement algérien.

Et pourtant, le représentant de la filiale de Sonatrach au conseil d’administration de la SORFERT, Abdelhalim Mazouni, rendait régulièrement compte à Fayaçal Laraba et en sa qualité de Direction général adjoint, Abdelhalim Mazouni était bel et bien au courant des négociations secrètes entre les égyptiens et les émiratis concernant la prise de possession des actifs de la SORFERT. Nous avons, par ailleurs, découvert au cours de nos investigations qu’une mission d’inspection a été dépêchée il y a de cela 5 mois par le ministère de l’Energie au niveau de l’usine d’Arzew de la SORFERT. Or, le rapport de cette mission d’inspection a été étrangement étouffé par le ministère de l’Energie et aucun haut responsable n’a voulu ensuite le communiquer au gouvernement. Selon nos investigations, c’est madame Fatma-Zohra Chorfi, secrétaire générale du ministère de l’Energie, en complicité avec Fayçal Laraba, ont oeuvré pour étouffer la vérité sur la gestion de la SORFERT et les manoeuvres secrètes des égyptiens avec les émiratis.

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