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Confidentiel. Le PDG de Sonatrach demande aux “services” des enquêtes d’habilitation sur les conseillers de son ministre

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Grave dysfonctionnement au plus haut sommet de l’Etat algérien. Dans le secteur des hydrocarbures, les relations devenues sont très exécrables entre le PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar, et sa tutelle, le ministère de l’Energie dirigé depuis le 25 juin dernier par Abdelmadjid Attar. Et ces tensions provoquent des coups bas et des actes de sabotage qui empêchent l’Algérie de gérer convenablement un secteur clé qui procure 98 % de ses recettes en devises. 

Ce sabotage se traduit notamment par l’attitude dangereuse du PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar. Ce dernier s’est permis d’alerter ses “amis” et ses “réseaux” au sein de la direction générale de la sécurité de l’intérieur (DGSI), l’une des principales branches des services secrets algériens, afin de déclencher des enquêtes d’habilitation sur les nouveaux conseillers que vient de recruter Abdelmadjid Attar au ministère de l’Energie. Il s’agit notamment de Hammoudi Bouhaddouda, Salah Mekmouche et Arezki Hocini qui ont été recrutés depuis le 20 juillet dernier par le nouveau ministre de l’Energie en tant que conseillers chargés de piloter d’importants projets de réformes du secteur des hydrocarbures.

Au lendemain de leur recrutement, Abdelmadjid Attar a pris attache avec Toufik Hakkar pour l’instruire de préparer des contrats de travail afin de permettre à ces nouveaux conseillers du ministère de l’Energie de collaborer également directement avec Sonatrach et de percevoir des salaires de la part de la direction générale de la compagnie nationale des hydrocarbures.

Au lieu de concrétiser cette instruction, Toufik Hakkar enclenche une véritable machination et déploie tout son lobbying auprès de ses réseaux au sein de la DGSI afin de déclencher des enquêtes d’habilitation, à savoir des enquêtes menées par la DGSI au cours desquelles elle passe au crible la vie d’un cadre de l’Etat qui est pressenti pour occuper une fonction supérieure comme ministre, secrétaire général d’un ministère ou d’une institution stratégique de l’Etat, patron de grandes entreprises étatiques, etc.  Cette enquête d’habilitation doit contenir toute une série d’informations sur le parcours du cadre concerné, les pays qu’il a visités, mais aussi sur ses parents, ses frères et sœurs, ses cousins, ses oncles.

Selon nos investigations, Toufik Hakkar s’est régulièrement rendu récemment au centre opérationnel de la DGSI à Ben Aknoun, à savoir la fameuse caserne Antar, pour rencontrer le colonel Hichem, le premier responsable de cette structure sécuritaire qui avait remplacé en avril passé le colonel Yacine, un officier supérieur qui avait été limogé et placé en détention provisoire dans le cadre des enquêtes menées sur le général déchu Wassini Bouazza, l’ex-patron de la DGSI incarcéré depuis le 14 avril dernier à la prison militaire de Blida.

Cette proximité de Toufik Hakkar avec certains responsables de la DGSI soulève de nombreuses interrogations d’autant plus que le PDG de Sonatrach l’utilise à des fins malsaines notamment pour saboter le travail du nouveau ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar.

Et pour cause, les nouveaux conseillers recrutés par Abdelmadjid Attar sont d’anciens dirigeants très propres et réputés pour leur probité morale. Ils avaient auparavant dirigé des organismes étatiques comme l’ALNAFT ou occupé des fonctions supérieurs à la direction générale de Sonatrach. Ils sont ainsi connus auprès des services de renseignement. Il n’y avait donc aucune nécessité de soumettre les nouveaux conseillers d’Attar à des enquêtes d’habilitation. En plus, Toufik Hakkar a pris cette initiative douteuse et totalement illégale sans informer au préalable son ministre de tutelle, le ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar.

Selon les dispositions de la loi algérienne, il n’y a que le Président de la République qui peut mobiliser les services de sécurité pour des enquêtes d”habilitation. En aucun cas, un PDG de Sonatrach ne peut se substituer à cette autorité pour réclamer des enquêtes d’habilitation sur des conseillers de son supérieur hiérarchique, le ministre de l’Energie !

Notons enfin que monsieur Hakkar a lui-même recruté de nombreux conseillers et nouveaux cadres dirigeants depuis son arrivée à la tête de Sonatrach en février 2020 à l’image d’Abdelkader Boussourdi, un ancien haut responsable de Sonelgaz et ex-PDG de la Société de Distribution de l’Electricité d’Alger (SDA) ou Ali Hached, l’ex-vice-président de la Sonatrach chargé de la commercialisation. Pour ces nominations, Toufik Hakkar n’avait jamais saisi les “services”. Mais pour les nominations décidées par son ministre Abdelmadjid Attar, il a osé outrepasser ses prérogatives. C’est un scandale sans précédent dans le secteur de l’énergie en Algérie.

 

 

 

 

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