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Khalida Toumi en prison, Benamor, Sahraoui et Belkecir courent toujours…

Poursuivie notamment pour dilapidation de deniers publics, abus de fonction et octroi d’indus privilèges, Khalida Toumi, ancienne ministre de la Culture de 2002 à 2014, est incarcérée depuis lundi dernier à la prison d’El-Harrach. Encore un symbole emblématique du régime Bouteflika qui sombre et tombe en déchéance. La purge au sein des anciens dirigeants du pays se poursuit toujours. Mais il s’avère que certaines personnalités très influentes demeurent “intouchables” et personne n’ose les convoquer ou les inquiéter. 

Parmi ces personnalités “intouchables”, nous retrouvons le milliardaire et oligarque Mohamed Laid Benamor, l’ancien vice-président du FCE d’Ali Haddad, son bras-droit, et ex-président de la chambre algérienne du commerce et de l’industrie (CACI), l’un des bailleurs de fonds les plus importants des campagnes électorales successives d’Abdelaziz Bouteflika et l’un des piliers de l’oligarchie algérienne. En dépit de son implication dans plusieurs dossiers de corruption et d’abus de pouvoir ainsi que de dilapidation des deniers publics comme l’affaire du complexe agro-alimentaire de Corso, Mohamed Laid Benamor court toujours et profite du confort de sa fortune alors qu’il est soumis depuis de longs mois à une interdiction de quitter le territoire national (ISTN).

Mohamed Laid Benamor devait comparaître au début du mois de septembre dernier devant le tribunal de Sidi M’hamed aux côtés de la ministre de l’industrie Djamila Tamazirt dans l’affaire de cession de la minoterie de Corso.  La section de recherche de la Gendarmerie nationale de Bab Jedid avait épluché le dossier de la cession de la minoterie de Corso à l’homme d’affaire Laid Benamor, du temps où Abdeslam Bouchouareb était à la tête du ministère des Industries. A l’époque Djamila Tamazirt était directrice du groupe public des industries alimentaires, tutelle directe de cette minoterie dont les conditions de cession prêteraient à équivoque.

Mais depuis cette comparution, ce dossier a été, semble-t-il, enterré et passé sous silence par la justice algérienne. Pourquoi ? Il semble que le milliardaire Benamor jouit d’une protection du clan de Gaid Salah, le puissant chef d’Etat-Major de l’ANP. Le même constat est à dresser concernant le dossier du milliardaire Abdelmalek Sahraoui, l’un des oligarques les plus corrompus de l’ère d’Abdelaziz Bouteflika. Les investigations d’Algérie Part ont pu démontrer les pratiques illégales et illicites de cet homme d’affaires possédant une énorme fortune. 

En dépit de toutes ces preuves accablantes, Abdelmalek Sahraoui est toujours député FLN et continue de jouir de l’impunité et de l’immunité parlementaire et personne ne s’en émeut. Cependant, le roi de l’impunité et le symbole même de cette justice à deux vitesse en Algérie est certainement le général Ghali Belkecir, l’ancien patron de la gendarmerie nationale, l’officier le plus corrompu de l’armée algérienne. Algérie Part a fait de nombreuses révélations sur ce haut gradé qui est impliqué directement dans plusieurs dossiers de corruption et d’abus de fonctions. En une seule année à la tête de la gendarmerie nationale, il a clochardisé entièrement ce corps stratégique. Allié de Tayeb Louh, l’ancien ministre de la Justice qui croupit à la prison d’El-Harrach depuis le 22 juillet dernier, Ghali Belkecir est cité nommément dans plusieurs affaires d’Abus de fonction, d’Entrave à la justice, d’Incitation à faux en écriture officielle et d’Incitation à la partialité. Lui et son acolyte Tayeb Louh ont longtemps instrumentalisé la justice et les services de sécurité pour abattre des adversaires politiques, faire du chantage à des hommes d’affaires ou réprimer des opposants politiques. La femme de Ghali Belkecir, Fatiha Boukher, est l’ancienne présidente de la Cour de Tipaza et l’un des principaux maillons du système de Tayeb Louh. Qui protège Ghali Belkecir ? Pourquoi a-t-on peur de le juger ? Seul Ahmed Gaid Salah et ses principaux conseillers détiennent les réponses à ces questions.

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