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Depuis 2017, l’Etat algérien a injecté près de 65 milliards de dollars de fausse monnaie : les dégâts sur l’Algérie de la planche à billets

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C’est un aveu lourd de sens.  La planche à billets à laquelle l’Etat algérien a recouru pour renflouer ses caisses et faire face à la chute des prix du baril du pétrole a provoqué d’énormes dégâts sur la situation économique de l’Algérie. Et c’est l’actuel ministre des Finances, Mohamed Loukal, l’un des artisans de cette politique de planche à billets lorsqu’il était gouverneur de la Banque d’Algérie, qui le reconnaît officiellement. 

En effet, Mohamed Loukal a révélé lors de sa présentation de loi de Finances 2020 aux députés de l’Assemblée Populaire et Nationale (APN) que le financement “non conventionnel”, le surnom donné par le régime algérien à la planche à billets, entamé par l’Etat algérien depuis 2017 a permis l’injection de 6555 milliards de DA jusqu’en janvier 2019, à savoir près de 65 milliards de dollars ! Constatant l’inefficacité de ce dispositif, l’Etat algérien a arrêté de recourir à la planche à billets depuis le mois de mai dernier.  Mohamed Loukal a même reconnu que  ce type de financement a mené à la hausse de la dette publique intérieure de l’Algérie à 41,4 % du PIB, fin 2019. Une énorme charge pour l’Etat qui bouscule totalement les équilibres financiers du pays.

Un choix que certains experts peuvent même qualifier de “suicidaire”  car l’Etat algérien a fabriqué pendant plus de deux ans de la “fausse monnaie” pour payer des salaires de fonctionnaires, financer des projets publics, de l’argent virtuel qui n’a aucune relation avec la création effective des richesses.

La “planche à billets” revient à créer de la monnaie ex-nihilo, c’est-à-dire sans création de richesse correspondante. En effet, en temps normal, pour pouvoir créer de la monnaie, la banque centrale d’un pays doit disposer de compensations à l’actif de son bilan, en l’occurrence de l’or, des réserves de changes et des titres (notamment des obligations d’Etat). C’est ce que l’on appelle les contreparties de la masse monétaire. De la sorte, il existe une correspondance entre la monnaie en circulation et la réalité économique du pays. Cela permet notamment d’éviter les dérapages inflationnistes. Bien différemment, lorsqu’une banque centrale actionne la “planche à billets”, cela signifie qu’elle crée de la monnaie sans contreparties préalables. Elle imprime des billets “sur la base de rien”.

Mieux, avec cette “monnaie de singe”, la banque centrale monétise la dette publique, c’est-à-dire qu’elle finance directement le déficit public. Cette stratégie comporte un énorme danger car la conséquence inévitable d’un excès de création monétaire est une inflation galopante. En effet, si la monnaie en circulation ne correspond pas à une création de richesse équivalente, la différence se traduit par davantage d’inflation : si les quantités ne s’ajustent pas, ce sont les prix qui le font. Certes, pour le moment, en Algérie ces excès de liquidités n’ont pas suscité de forte augmentation des prix à la consommation. Bien au contraire. Le problème est que l’inflation s’est déplacée des prix à la consommation vers les prix des actifs. Un choix irréfléchi que l’Etat algérien paie maintenant “cash”.

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